JCB - Les enjeux de demain : le traitement et le recyclage des déchets

07Déc.2018

Lors du salon POLLUTEC, qui s’est tenu à Lyon du 27 au 30 novembre 2018, le groupe Cayola a interrogé Christophe Lecarpentier, directeur marketing chez JCB afin d’apporter des éléments de réponse à une problématique simple : comment les fabricants de matériel de BTP répondent-ils à la demande du traitement et du recyclage des déchets ? 

Quand les constructeurs ont-ils vraiment pris conscience de l’importance du marché des traitements et du recyclage des déchets ?
Christophe Lecarpentier – « les constructeurs ont très souvent accompagné le monde du déchet, notamment avec des compacteurs, avec des pelles, plutôt sur l’enfouissement des déchets. Et puis, lorsque naturellement les sociétés se sont mises à recycler, lorsqu'il y a eu une pression pour le recyclage, et bien les constructeurs du monde des BTP ont accompagné ce changement en proposant des gammes, tout d’abord qui étaient réservées au BTP, et en les adaptant petit à petit au monde du recyclage. C’est vrai qu’au fur et à mesure des années, on a des gammes qui sont de plus en plus adaptées à ce monde qui est assez spécifique. »

Que représente l’économie circulaire pour la marque JCB ?

Christophe Lecarpentier – « Aujourd'hui, c’est un marché très important et ce n'est pas pour cela que beaucoup de constructeurs, dont JCB, sont présents à Pollutec. Pour JCB, ce marché représente chaque année entre 8 et 10% des ventes de notre réseau BTP. […] c’est beaucoup sur l’ensemble des gammes que l’on fait. »

Quelle problématique soulève précisément le secteur du traitement et le recyclage des déchets pour JCB ?

Christophe Lecarpentier – « Le marché des BTP est vraiment totalement différent du recyclage et de l’environnement. Bien sûr, les machines à la base sont similaires, mais les machines sont totalement adaptées aujourd’hui par rapport aux contraintes des métiers du recyclage et de l’environnement. Il y a d’abord des contraintes d’heures, puisque les machines font beaucoup plus d’heures que dans le monde des BTP. Nous avons des machines qui font 2500h/an, qui travaillent dans des milieux très difficiles tant pour la crevaison des machines, que des milieux poussiéreux, des milieux pollués… Donc chaque machine doit être vraiment adaptée aux contraintes des sites tant pour protéger la machine que pour protéger le site et les gens qui travaillent autour. »

Comment JCB répond aux besoins du secteur du traitement et de recyclage des déchets ?

Christophe Lecarpentier – « Dans les années 90, on a vraiment vu le potentiel important du développement du monde du recyclage, de l’environnement ; donc JCB aujourd’hui, c’est 320 modèles de machines pour le BTP ; donc on a vraiment identifié les modèles de machines qui étaient utilisés pour le recyclage et l’environnement, principalement de la manutention, et on a développé chez nous la gamme JCB Wastemaster. C’est une gamme complète de chariots élévateurs, de chargeuses, de pelles, de chargeuses articulées, de Télétruk qui est un chariot élévateur à bras télescopique, de skid steer,..Donc ce sont vraiment des engins très compacts de 2t, jusqu’aux pelles aujourd’hui de 25 tonnes et des chargeuses de 20 tonnes. JCB a une gamme très large qui permet de proposer la bonne machine sur site. »

En quoi l’expérience de JCB dans le BTP est-elle une plus-value pour le marché du traitement et le recyclage des déchets ?

Christophe Lecarpentier – « Le BTP à la base, c’est quand même des machines qui sont résistantes, des machines qui doivent aller sur des milieux difficiles, donc on a des structures qui répondent au besoin du métier du recyclage des déchets. Et puis ces machines on va les adapter à l’environnement du site, tant en matière de pollution, de poussière, qu’en matière de plateforme, pour répondre au besoin plus précis. Mais vraiment la base, les châssis, les structures sont très résistants pour pouvoir proposer des machines qui vont s’adapter au milieu du recyclage. »

Comment JCB adapte au mieux ses machines au site de recyclage ou de traitement des déchets ?

Christophe Lecarpentier – « Par exemple, si l’on prend une machine qui est régulièrement vendue dans ces sites de manutention, ce sont les chargeuses. On va prendre une chargeuse JCB Wastemaster et puis on va adapter les types de pneumatiques, s’il y a des risques de crevaisons. Donc on a différents types de pneumatiques. Des types de ponts : puisqu’on est sur des plateformes bétonnées, il faut qu’on ait des ponts qui résistent le mieux possible. On va s’adapter aussi par rapport à la pollution : par exemple, pour l’opérateur, si on est dans des sites très poussiéreux. Il faut bien sûr protéger l’opérateur pour qu’il ait un air sein dans la cabine, et puis aussi protéger la machine de ces poussières qui viennent colmater les radiateurs, par exemple. On va vraiment s’adapter par des ventilateurs réversibles, par des caissons de filtration... Il existe également des risques de corrosion sur certains sites, je pense notamment aux sites de recyclage d’acide, recyclage de batteries, là où il y a de l’acide, avec des machines qui vont être très attaquées : leur peinture va être très attaquée, toutes les parties en acier vont être attaquées, donc on va mettre des composants spéciaux avec des peintures spéciales…
Chaque machine est vraiment adaptée au risque du site »

Quelles sont les évolutions à venir chez JCB pour le marché du recyclage et du traitement des déchets ?

Christophe Lecarpentier – « On a deux types d’évolutions. La première évolution, c’est de faire face à cette demande de productivité accrue, puisqu’on doit recycler de plus en plus de matière. On a des sites qui ont été développés et qui ont de nouvelles technologies, de nouveaux cribleurs… donc on a besoin de plus de productivité. Sur les mêmes sites, lorsqu’on va renouveler des machines, on va mettre des machines qui ont de plus grandes capacités tout en considérant les problématiques de dimensions, rayon de braquage des machines… On voit aussi des sites qui vont retraiter directement des déchets en ville, où là, on a besoin de machines beaucoup plus compactes. On présente notamment la nouvelle JCB hydradig, une pelle sur pneus encore plus compacte, de 11 tonnes, qui va permettre de retraiter les déchets dans des sites plus compacts. Donc je dirai que c’est vraiment une adaptation tant en compacité sur certains sites, mais avec un besoin de plus de productivité sur d’autres sites. »

Interview de construction Cayola du 5/12/2018
https://www.constructioncayola.com/environnement/article/2018/12/05/122011/btp-heure-economie-circulaire